Xolali N’Tsugan est l’une des rares jeunes femmes à n’avoir pas cédé à l’appel de la ville. Elle met en valeur le lopin de terre hérité de ses parents sur le flanc de la montagne de Havou Todzi, à une quinzaine de kilomètres de Kpalimé au sud-ouest du Togo. Chaque saison, elle y pratique la culture vivrière, notamment le maïs et le haricot. Pour assurer ses besoins alimentaires et économiques, Xolali a aussi planté des arbres fruitiers tels que les avocatiers, les orangers et les bananiers. En plus, elle dispose d’un petit champ de café et de poivre de Guinée.
A la question de savoir si elle est au courant que les Nations Unies ont proclamé 2026 «Année de l’Agricultrice», elle répond par la négative mais se réjouit d’une telle initiative en faisant savoir qu’il était temps de reconnaitre l’apport des femmes dans la production agricole. Les trois quarts des Togolais travaillent dans le domaine agricole dont une bonne part de femmes. Et face aux effets du changement climatique, elle exhorte les gouvernants et les ONGs à soutenir davantage les femmes qui s’adonnent au travail de la terre.
Engagée dans une agriculture durable et respectueuse de l’environnement, elle opte pour une démarche agroécologique où elle associe à ses cultures, la plantation d’arbres fertilisants et forestiers afin d’améliorer durablement la fertilité du sol. Cette approche évite le lessivage de son champ en pente, très exposé à l’érosion.
Les plants utilisés pour l’installation du champ ont été reçus auprès de CASE TOGO-Amis de la Nature, association engagé dans la promotion des bonnes pratiques culturales.
Elle lance un appel à ses petites sœurs: « Au lieu d’aller gonfler le nombre de chômeurs et les emplois précaires en ville, à la merci des prédateurs de tout acabit, on peut vivre dignement dans la belle campagne en exploitant rationnellement les terres arables qui ne demandent qu’à être mise en valeur ».